Pourquoi je ne crois plus aux régimes




(alerte billet fleuve mais d'utilité publique) 

Comme chaque année, l’arrivée du printemps provoque la même réaction en cascade chez le commun des mortels (surtout des mortelles de fait) : qui dit printemps dit bientôt été, dit corps dénudés, dit cellulite exposée, dit warning dans l’assiette.

L’idée ? Se délester en catastrophe des kilos accumulés entre novembre et avril (on remercie au passage le foie gras, le chapon, la bûche, la raclette, la fondue, la galette des rois, les crêpes et les œufs de pâques).

C’est la période pendant laquelle j’essaye de ne pas crier sur tous les toits mon métier, dont l'annonce suscite 99.9% du temps des réactions intéressées (je ne jette la pierre à personne, je suis la première à rebondir sur la profession des autres « ah tu es dermato ? Tu voudrais pas regarder ce grain de beauté là ? il est bizarre non ?"). 


J’ai donc souvent droit, et c'est de bonne guerre, à toute une ribambelle de questions auxquelles il est bien entendu impossible de répondre en deux mots (ni même en une heure) du genre « alors ? Qu’est-ce que je dois faire pour maigrir du coup ? » ou « il parait qu’il ne faut pas manger de pain le soir, tu confirmes ? » ou encore «si j’ai un petit creux l’après-midi, il vaut mieux que je mange une pomme ou un yaourt ? » déclinable à l’infini.

La nutrition me captive, je connais tous les aliments, leurs valeurs et intérêts nutritionnels, dès qu’un nouveau « superaliment » envahit la toile, je m’y intéresse et le goûte, j’épluche la presse diététique/minceur santé chaque jour avec intérêt, je passe souvent un temps fou au supermarché pour inspecter les nouveaux produits, les nouveaux labels, bref, je suis passionnée par mon métier.

En revanche, la diététique de l’amaigrissement, traditionnelle (établir un régime, avec des listes d’aliments, des quantités à respecter, des règles à suivre, des cases à cocher..) ne correspond plus du tout à ce que je crois, encore moins à ce que je prône. 

J’ai pratiqué ça pendant des années, parce que c’est ce qu’on nous apprend à l’école et parce que c’est ce qu’on attend de nous, diététiciens. Et je suis encore amenée à le faire parce que je suis salariée et que je n’ai pas la liberté de faire comme je l’entends. Mais j’en suis revenue.
Quinze ans de métiers m’auront fait déchanter quant à la diététique classique.

Pourquoi ? 

Parce que je me suis rendue compte qu’il était extrêmement difficile (pour ne pas dire impossible) de faire perdre du poids à quelqu’un de manière durable, en chamboulant ses habitudes et en lui imposant des règles.

- il faut faire 3 repas par jour
- ne jamais sauter de repas
- prendre un copieux petit déjeuner
- il faut 3 produits laitiers par jour
- des féculents ou du pain à chaque repas mais pas en trop grosse quantité
- pas trop de matières grasses
- mais quand même un peu d’huile d’olive parce que c’est bon pour la santé
- et deux fruits par jour pour les vitamines
- et du poisson gras deux fois par semaine pour les oméga 3
- pas trop de sucre, parce que le sucre appelle le sucre et qu’après on devient accro (vade retro satanas le sucre)
- pas trop de viande rouge parce que ça donne le cancer etc etc


Une liste de recommandations, qui semblent toutes assez fondées et cohérentes, mais qui ne laissent plus de place à la spontanéité, aux envies, au plaisir.

Doit-on : se forcer à prendre un petit déjeuner si on n’a pas faim le matin ? Manger sans appétit son yaourt à la fin du repas par peur de perdre un os ? Croquer à contrecœur dans une pomme à 4 heures parce que c’est un encas raisonnable ? Se priver de ses deux carrés de chocolat parce que le sucre c’est le mal et le remplacer par une orange qu’on mangera sans plaisir et qui nous apportera autant de calories (sans compter la tablette qu’on va s’enfiler rageusement deux semaines plus tard, quand on sera au summum de la frustration)?

Non, non et encore non.

L’organisme est un petit miracle de la nature, doté d’une « balance » interne, qui fait en sorte tout au long de la journée, de nous envoyer les bons signaux au bon moment. Cette balance interne mesure d’un côté nos dépenses caloriques, et de l’autre, contrôle nos apports. Dès qu’elle n’est pas équilibrée, elle nous le fait savoir en nous envoyant le signal de la faim ou de la satiété.

Ce qui veut dire que, si on réussit à être totalement à son écoute, et à totalement la respecter : exit les problèmes de poids. (souvent plus difficile à dire qu'à faire malheureusement)

Plus fort encore, l’organisme sait détecter nos besoins nutritionnels, nos carences et nos excès et nous le signifier : une carence en fer ? Paf, une envie de steak tartare. Une glycémie ras-les-pâquerettes ? Hop, une envie de pâtes.
Je ne sais pas pour vous, mais moi je trouve tout ça fascinant et je ne cesse de m'émerveiller sur le miracle de la nature qui fait si bien les choses.

J’ai toujours été surprise de constater qu’un grand nombre de patients en surpoids, me disent au cours de la consultation qu’ils n’ont jamais faim et qu’ils se forcent à manger, voire qu’ils n’aiment pas manger. Ce qui parait difficile à croire, et qui est pourtant vrai et même logique. On nous apprend à manger à heure fixe, à ne sauter aucun repas et à finir notre assiette.
On mange donc souvent sans avoir faim (= sans attendre que que la balance interne nous indique qu'on manque de calories) donc sans plaisir. Conséquence : la satiété n’arrive jamais, puisque le signal de la satiété ne peut arriver que si la faim s’est manifestée au préalable. En gros impossible de «ne plus avoir faim » si on n’a pas, d’abord, eu faim (logique). Du coup, forcément, on mange trop. Cqfd.

Par conséquent, donner à une personne qui veut perdre du poids, un régime bien balisé, avec des menus précis, des quantités à respecter et des règles à suivre … va totalement à l’encontre de ce cheminement, ne laissant pas de place à la faim, aux envies et à la spontanéité.

Donc, en gros, les régimes ça sert à rien ?

Je ne dis pas ça non plus bien sûr.
Je pense déjà, que pour une très grande partie des personnes qui souhaitent perdre du poids, le travail passera dans un premier temps à « oublier » toutes les règles diététiques et se concentrer sur son corps, réapprendre à manger par faim (et non pas parce que c’est l’heure) et à s’arrêter quand la faim décroit.

Autre point : il ne faut pas vouloir absolument maigrir en mangeant équilibré et surtout ne pas croire que manger équilibrer fait maigrir. L’équilibre alimentaire et l’amaigrissement sont deux abords de la diététique totalement dissociables : on peut maigrir en mangeant déséquilibré et grossir en mangeant parfaitement équilibré.

Il ne faut pas non plus oublier que l’équilibre alimentaire ne se fait pas sur une journée et encore moins sur un repas. Et qu’en écoutant ses envies, on finit généralement par manger selon ses besoins et donc à peu près équilibré.

S’alimenter c’est la première chose que fait le nourrisson, c’est la première tété ou le premier biberon, donné par la maman. C’est se nourrir certes, mais c’est aussi rassurant et réconfortant (et sucré).
Pour certains, le rapport à la nourriture restera toute la vie très fragile et lié à l’affect.
La consultation diététique prend alors des airs de séance psy : la nourriture n’est plus là pour combler les besoins caloriques de l’organisme, pas non plus là pour le plaisir, elle est plutôt une parade à l’anxiété, à l’ennui, au stress, à l’angoisse.
Dans ces cas-là, parfois, le régime classique sert de rempart et de garde-fou et peut aider à canaliser l’alimentation dans un premier temps.
Mais il suffit rarement.

Quant à moi, je me contenterais de rappeler mes quelques mantras à appliquer au quotidien, pour retrouver petit à petit ses sensations alimentaires et surtout le plaisir de manger sans être parasité par des règles et des diktats.

1/ Ne mangez pas sans faim
2/ Dans la mesure du possible, choisissez ce qui vous fait le plus envie
3/ Mangez lentement et en « pleine conscience », tous vos sens à l'écoute
4/ Ne vous forcez pas à terminer (votre assiette ou votre repas)
5/ Ne diabolisez aucun aliment
6/ Ne comptez pas les calories que vous mangez, faites confiance à votre balance interne
7/ Et surtout : ne soyez pas pressée de perdre du poids (erreur la plus fréquemment rencontrée).
Un poids vite perdu est un poids vite repris. Perdre rapidement c’est aller à l’encontre des signaux que nous envoient notre organisme, c’est risquer de s’affamer et de se frustrer, c’est dérégler notre balance interne bien huilée, ça ne marche pas.

Besos todos

13 commentaires

  1. Bonjour
    Le symptôme de la diététicienne, c'est comme celui de l'informaticienne, il faut réparer les pc de toute la famille, du voisinage et même du boulanger si possible ;o)

    C'est une grande discussion l'alimentation à la maison en ce moment, principalement parce que je ne suis pas d'accord avec monsieur sur les règles par rapport aux enfants ... et notamment le fait de devoir finir son assiette, voir le plat pour ne pas jeter ... c'est quand même une idée qui a sacrément la vie dure ...
    Là où c'est également compliqué, c'est aussi le "manger lentement et en pleine conscience" ... les repas sont hélas souvent vite expédiés, c'est à celui qui aura mangé le plus vite pour quitter la table le premier ... dur dur avec des ados à la maison, mais je ne désespère pas !

    Merci pour cet article :)

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    1. Exactement, je connais des informaticiens qui se prétendent comptables pour éviter le problème ;-))

      Je pense que tu as raison de tenter de convaincre ton homme de lâcher du lest avec les assiettes des enfants. Je comprends que ce ne soit pas évident (tout cela est tellement ancré), mais une des solutions peut déjà être de servir des assiettes très petites, quitte à ce que les enfants se resservent ensuite.
      (C'est ce que je fais avec ma fille, mini-appétit, et ça marche plutôt bien)

      bonne journée :)

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  2. Ton billet tombe à pic !
    J'ai commencé il y a 1 mois non pas un régime, mais une expérience. Partant du constat que j'avais été mince toute ma vie jusqu'à 45 ans environ, sans me prendre la tête avec la nourriture, je me suis demandée :
    1) Quels étaient mes rythmes naturels, de base
    2) Qu'est-ce qui était le plus important pour moi comme nourriture, ce que je préférais
    3) Qu'est ce qui me frustrait le plus dans les régimes.
    La réponse est
    1) Je n'ai absolument pas faim le matin, et j'ai longtemps carburé à 2 repas par jour, ce qui me convenait très bien. Et puis à force d'entendre qu'il faut manger le matin, j'ai commencé à manger en milieu de matinée (au lever c'est juste impossible pour moi) un petit petit-déjeuner.
    2) J'aime le salé, et surtout j'aime les bons repas bien cuisinés. Je me tape des grignotages, des biscuits, etc.
    3) Je déteste qu'on me dise quand, quoi et combien manger.
    Partant de ces répoonses, j'ai décidé de me ramener à 2 repas par jour, et rien entre, et de manger comme je voulais aux repas. Je me suis dit que j'esayais pendant une semaine, si c'était insupportable, j'arrêtais. Au bout d'une semaine, j'allais très bien, je n'avais plus faim avant midi (alors qu'avant, j'avais faim à 9h30 et à nouveau vers 11h), pas faim non plus dans l'après-midi, j'avais plus d'énergie, et étonnamment, j'arrivais beaucoup mieux à identifier la satiété pendant le repas. J'ai donc continué. Au bout d'un mois, le bilan est 1kg en moins (moi ça me suffit, en tout cas c'est un pas dans la bonne direction), une bonne énergie, aucune privation, et le kilo, je sais où je l'ai perdu, je le vois : au ventre (à 56 ans, c'et pas mal !). J'ai donc l'imprssion d'avoir trouvé ce qui me convient, et c'est donc ce que je vais continuer à faire.

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    1. J'adore ton témoignage qui conforte complètement mes croyances!
      1 kg en moins en un mois en mangeant exactement selon ton instinct, c'est vraiment super. Pour moi, c'est ainsi qu'un amaigrissement doit se faire pour être de bonne qualité et durable.

      Merci pour ton message Nathalie et belle journée à toi :)

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  3. J'abonde entièrement dans ton sens,mais je pense que les indices glycémiques bas peuvent également nous aider. Bises

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    1. Ah mais bien sûr, il y a plein de choses qui peuvent aider heureusement! Je n'ai pas dit que je ne croyais plus en la diététique, mais seulement en les régimes amaigrissant :)
      Les aliments à IG bas sont bien entendus très intéressants, car permettent de maintenir une glycémie ni trop basse (pas d'hypo) ni trop haute (pas de pic d'insuline) et d'éviter les fringales et les "coups de mou" (qui se matérialisent par des envies de sucres).

      Bonne journée Christiane !

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  4. Merci pour cette piqûre de rappel Lise!
    Même quand on applique ces principes depuis plusieurs années, il arrive parfois que les aléas de la vie gomment ce que l on sait devoir et savoir faire... Je vais me reconnecter avec moi dès ce matin pour repartir sur les bons rails!

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    1. Tu as raison Audrey, savoir et mettre en application sont deux choses différentes! il est souvent nécessaire de se reconnecter avec soi pour ne pas retomber dans ses vieux travers :)
      Bonne journée à toi :)

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  5. Bonjour, c'est parti pour un commentaire fleuve (comme ton article super intéressant!!). D'abord merci pour ton blog, que je lis assidûment.
    Ensuite, je suis en surpoids, et je pense, en terme d'IMC, entrer dans la case obésité. Cela s'est traduit en ce qui me concerne par un diabète gestationnel pendant ma grossesse, qui m'a imposé un régime que j'ai relativement bien supporté, (moi qui n'ai jamais réussi à en suivre un seul avant!). Résultat : grossesse 0 kg, à la sortie de la maternité j'avais 11 kg de moins que quand je suis tombée enceinte. Là tes copines minces t'envient (pour une fois!). Ensuite allaitement, j'ai continué le régime DG pendant qq semaines puis ma volonté a fléchi et comme j'allaitais, j'ai repris une alimentation normale avec sucre mais ne grossissais tjr pas. Puis allaitement arrêté et là... retour à la case départ!!
    Je me tâte franchement à revenir à ce régime DG sans être enceinte, car j'ai vraiment réalisé à quel point le sucre est une véritable addiction en ce qui me concerne, et lorsque je mets le nez dedans, j'ai vraiment beaucoup de mal à me raisonner (merci ma boss qui achète régulièrement des boites de Haribo, elle a 50 ans et fait un 36 fillette, ne prend pas un gramme, moi rien que je regarde la boite je meurs...).
    Autre histoire : ma soeur qui est également obèse, en terme d'IMC elle est classée au tout début de l'obésité morbide, s'apprête à faire une réduction de l'estomac. Elle a essayé pas mal de régimes, qui ont marché mais elle a toujours repris son poids lorsqu'elle revenait à une alimentation "normale". Elle sait qu'après l'opération ça va être très dur, de s'alimenter, de revenir à des repas non mixés etc... Elle qui adore manger,(moi aussi, nous sommes d'une famille d'épicuriens, les repas sont conviviaux et plaisir!) j'ai de la peine pour elle de l'imaginer dans quelques mois. Bref ça m'inquiète.
    Ma question : quand, comme nous, manger à notre faim aboutit à ce surpoids relativement important, on fait quoi alors? On est relativement actives, pas sportives hein! mais on se bouge quand même, on mange pas "bien" (c'est à dire pas équilibré en termes diététiques) mais on mange quand même bien "plaisir"... Je ne dis pas que je mange en pleine conscience etc... mais j'ai pas l'impression de faire de grosses erreurs, et un suivi diet pré-grossesse dans le même esprit que ton blog m'avait confirmé que je ne fais pas d'énormes "erreurs" diététiquement parlant... On est condamnées à être grosses?
    Attention, pour moi le terme "grosse" n'est pas une insulte, je le suis, comme je suis grande et brune. J'assume mon corps, mon mec me dit tous les jours qu'il me trouve belle et désirable donc tout va bien pour mon estime de moi ;-)
    Merci pour tes commentaires sur tout ça... si tu as envie d'y répondre!
    Virginie

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  6. Bonjour Virginie,

    Tout d'abord, merci pour ton témoignage.
    Il est certain que nous ne sommes pas tous égaux face à la perte de poids, tout simplement parce qu'il semblerait que nous sommes tous "génétiquement programmé" pour une certaine corpulence (jusqu'où va t'elle, c'est encore dur à savoir précisément). Certains seront toujours maigres (quoiqu'ils mangent), d'autres minces et d'autres en surpoids. Il y aurait donc une grande part de génétique dans notre silhouette.
    Pour les personnes obèses (IMC spérieur à 30), il est difficile de savoir la part de génétique, la part de "transmission" des habitudes alimentaires et du comportement alimentaire, la part de "troubles du comportements" etc ...
    je pense que tu devrais essayer de manger vraiment en pleine conscience, parce que "manger à sa faim" est excessivement compliqué à faire si tant est qu'on ne soit pas totalement concentré sur son repas et ses sensations alimentaires, et c'est là la complexité de l'exercice.
    Ce qui est sûr, c'est que je ne te recommande pas de te remettre au régime DG, et je pense que si le sucre est aujourd'hui ton talon d’Achille, il est préférable que tu essayes de te réconcilier avec lui et de l'apprivoiser (ça parait un peu bête dit comme ça, mais c'est toujours en diabolisant un aliment ou un groupe d'aliment que l'on s'enferme dans un cercle vicieux : interdit=>tentation=>craquage=>culpabilisation=>interdit etc)

    J'aimerais pouvoir t'aider davantage, mais c'est difficile à faire par le biais de messages comme tu peux l'imaginer.
    Encore merci pour ton message et j'espère que tu vas finir par trouver quelque chose qui te convient.

    Bon long weekend Virginie :)

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    1. Oui bien sûr je comprends et je te remercie d'avoir répondu en tous cas!
      Je continuerai de te lire et de ne pas faire de régime hihihi!!!

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  7. Merci pour cet excellent article, tu expliques toujours vraiment bien les choses!
    Quand je vois ça je me demande toujours pourquoi 99% de la population et une très grande partie du corp médical croit encore aux régimes (même si on les déguise de plus en plus en "rééquilibrage alimentaire")? Pourquoi ce message n'arrive-t-il pas du tout à passer? C'est vraiment dommage mais peut-être qu'avec des personnes comme toi un jour on y arrivera.
    En tout cas continue comme ça, j'adore ton blog!

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